Estampe japonaise d'Akiyama Iwao : La source de l'enfer (Jigokuyu)
Sur un washi aux fibres apparentes, un oni se tient debout, sa massue de fer à la main. Akiyama Iwao le taille à grands coups de gouge : cornes dressées, crocs saillants, corps teinté d'un rose sourd et deux yeux rouges qui trahissent moins la fureur que l'ivresse. Le démon a de bonnes raisons d'avoir le regard trouble. Le poème qui court à sa droite, signé du poète vagabond Taneda Santōka, parle d'un saké chauffé à la source de l'enfer : Je suis ivre du saké chauffé dans l'eau de l'enfer Au Japon, on appelle « enfers » (jigoku) les sources chaudes bouillonnantes des villes thermales, comme celles de Beppu. Akiyama, qui a souvent gravé les vers de Santōka, joue de ce double sens : l'enfer devient un bain, et son gardien un buveur heureux.
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