La Prison comme horizon
Des jeans sales, une barbe naissante, un œil aguicheur, des boucles rebelles, une liberté intacte. Auprès de lui, j’ai côtoyé de près des jeunes cabossés, cassés, qui fumaient pour se rendre intéressants, qui volaient pour jouer. Ils n’avaient rien ni personne, mais ils ne me faisaient pas peur. Je n’étais pas une délinquante, mais une spectatrice de la dérive de ceux à qui il manquait de l’amour, des parents présents et encadrants, des racines solides. Ils étaient drôles, intelligents, cocasses, pleins de vie, comme ceux du Colombier. Comme ceux que je rencontrerais plus tard pendant les vendanges. La plupart ont fini en prison. Mon amoureux a lui-même comparu devant un tribunal correctionnel lorsque j’étais en seconde et a écopé d’un sérieux avertissement. Il était alors parfaitement clair entre nous que s’il tombait, c’était la fin. Je ne transige pas avec les règles fondamentales de notre société. D’ailleurs notre relation a pris fin quand il a commencé à me répéter « d’arrêter de faire ma directrice de prison » et que j’ai dû choisir entre lui et la prison. J’ai choisi la prison. — La Prison comme horizon
AI Readiness
Good foundation, but some important product data is still missing.