Estampe Japonaise de Hokusai - Le dieu du feu Kagutsuchi décapité par son père
Description de l'œuvre : Dans la mythologie japonaise shintо̄, Kagutsuchi (軻遇突智) est le dieu du feu né de l’union d'Izanagi (伊弉諾の尊) et Izanami. Il se révèle dangereux dès sa naissance, car les flammes qui l’accompagnent brûlent mortellement sa mère, qui donnera pourtant naissance à d'autres kami (dieux) liés aux éléments terrestres durant sa longue agonie, illustrant l'idée fondamentale selon laquelle la mort elle-même devient source de création. Accablé par le chagrin et la colère, Izanagi accomplit alors l'acte fondateur représenté dans cette Estampe Japonaise de Hokusai, en tuant son propre fils à l’aide de l’épée divine Ame no Ohabari (天之尾羽張), le décapitant et le découpant, ce qui déclenche une nouvelle phase de création : le sang de Kagutsuchi, projeté sur les rochers et la lame, engendre des divinités liées à la guerre, à la foudre ou aux forces célestes, tandis que les différentes parties de son corps donnent naissance à de nombreux kami des montagnes, parfois interprétés comme des volcans. Un acte mythologique à l'origine de nombreux rituels shintо̄ : Après la mort de Izanami, Izanagi descend dans le Yomi (le royaume souterrain de la mythologie japonaise qui symbolise la séparation entre les vivants et les défunts) pour la ramener, mais ce geste constitue une transgression : ayant consommé la nourriture du monde des morts, Izanami ne peut plus revenir parmi les vivants. Rappelant le mythe d'Orphée et d'Eurydice, elle lui demande de ne pas la regarder, mais il désobéit, découvrant alors son corps en décomposition. Il prend alors la fuite, bloquant l'entrée du Yomi avec un rocher, séparant ainsi de manière irrévocable le monde des vivants et celui des morts. Souillé par son contact avec le monde des morts (kegare), Izanagi accomplit un rituel de purification par l’eau (misogi), d’où naissent de nouvelles divinités majeures : la déesse du Soleil Amaterasu (œil gauche), la plus importante des divinités du panthéon shintо̄, le dieu de la Lune Tsukuyomi (œil droit), et le dieu des tempêtes Susanoo (nez). Ce rituel établit durablement l’idée que la mort engendre une souillure qu’il faut purifier, principe central des pratiques du shintо̄. Le Livre illustré des Gloires du Japon et de la Chine : L'Ehon Wakan no Homare représente les exploits de guerriers célèbres du Japon et de Chine, mais aussi de figures mythologiques. Conçu vers 1836, il fut publié l'année suivant la mort de Hokusai. Ses compositions en diptyque montrent des figures historiques en scènes d'action vives, avec parfois des créatures surnaturelles du folklore japonais telles que des dragons, tengu, renard à neuf queues, démons… Des exemplaires du Ehon Wakan no Homare de Hokusai sont aujourd’hui conservés dans des institutions majeures telles que le Le British Museum (Londres), le Metropolitan Museum of Art (New York) ou encore la Bibliothèque nationale de France. Informations : Série : Livre illustré des Gloires du Japon et de la Chine (Ehon Wakan no Homare 絵本和漢誉) Édition : 1850 par Tōshōken Technique : gravure sur bois japonaise Dimensions : 27 x 22,8 cm Conditions : Très bonnes. Il s'agit de deux pages assemblées. Voir photos. Avec Certificat d'Authenticité.
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