Se lancer comme ferronnier d’art
Se lancer comme ferronnier d’art Forger, poser et vendre : le statut, la décennale, le marquage CE, l’atelier et les chiffres. 82 pages adossées aux seules sources institutionnelles. Deux artisans travaillent le même acier, à la même forge, avec la même soudure. L’un est artiste-auteur, l’autre non. Ce qui les sépare n’est ni le matériau, ni le talent. La Sécurité sociale des artistes-auteurs nomme la « ferronnerie d’art » dans sa liste d’exclusions — et prend la peine d’écarter à l’avance chacun de vos arguments : « indépendamment de leurs caractéristiques techniques (c’est-à-dire : nombre d’exemplaires : pièce unique ou série limitée, mode d’exécution, signature de l’exécutant…), même si elles constituent le support d’une création et remplissent une fonction décorative ». Pendant que la même page admet « les productions originales de la sculpture en toutes matières ». La frontière n’est pas le métal ni le geste : c’est l’usage de l’objet. Et le droit fiscal, qui ne parle pas au droit social, trace exactement la même ligne : le BOFiP refuse la qualité d’œuvre d’art aux « productions artisanales ou de série » tout en admettant la sculpture en toutes matières. Deux administrations qui ne se parlent pas arrivent au même endroit. Ce que cette exclusion vous laisse, c’est la qualité d’artisan — et une seconde surprise : dans la nomenclature, la ferronnerie décorative est classée en travaux de construction spécialisés, aux côtés de la maçonnerie. Vous êtes, statistiquement, un artisan du bâtiment. De là découlent la décennale, l’attestation à joindre à chaque devis, le devis obligatoire et une filière REP créée en 2023 que presque personne n’a vue venir.
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