Suzuribako (boîte japonaise d’écriture) impérial en laque urushi, or et nacre, décor ume (fleurs de prunier)
Ce suzuribako (boîte japonaise d’écriture) exceptionnel en laque urushi noire fut offert en octobre 1916 par le prince héritier du Japon, futur empereur Taishō, à un membre de la famille impériale japonaise, dans le contexte d’une tournée officielle impériale sur les côtes du Hokuriku. Conservée dans son tomobako (boîte de protection en bois) d’origine portant cette inscription historique manuscrite, cette pièce réunit un ensemble de techniques particulièrement raffinées : taka maki e (décor à la poudre d'or en relief), kirikane (incrustations d'or découpées), nacre blanche et laque nashiji (fond poudré d’or). Le décor de ume (fleurs de prunier) se déploie avec une remarquable maîtrise de l’espace sur une surface noire profonde aux subtils reflets brun rouge. L’équilibre de la composition, la finesse du travail de l’or et la qualité de conservation de l’ensemble témoignent du très haut niveau d’exécution de cette pièce. Contexte historique L’inscription présente à l’intérieur du couvercle du tomobako indique que ce suzuribako fut offert en octobre 1916 par le prince héritier Yoshihito, futur empereur Taishō, à un membre de la famille impériale japonaise désigné sous le titre de Shū no Miya. Le texte précise également que cette présentation eut lieu dans le cadre d’une tournée officielle impériale réalisée sur les côtes du Hokuriku. Le Hokuriku correspond à une ancienne région historique située sur la côte de la mer du Japon, regroupant notamment les actuelles préfectures d’Ishikawa, Toyama et Fukui. Cette région occupe une place majeure dans l’histoire des arts décoratifs japonais, et plus particulièrement dans celle de la laque. Kanazawa et Wajima, deux centres historiques parmi les plus réputés du Japon pour les arts du maki-e et de la laque urushi, se trouvent précisément dans cette zone. Au début du XXe siècle les tournées impériales constituaient des événements politiques et culturels importants. Les objets présentés dans ce cadre relevaient d’un niveau d’exécution particulièrement élevé, destinés à représenter le raffinement artistique local auprès de l’aristocratie impériale. Décor et techniques Cette boîte est réalisée en bois recouvert de nombreuses couches de laque urushi japonaise. La surface extérieure présente un fond noir laissant apparaître, sous certains angles de lumière, de subtils reflets brun rouge qui donnent à la laque une profondeur très particulière. Le décor représente une branche ancienne de ume (fleurs de prunier), arbre associé au renouveau, à la persévérance et à l’élégance hivernale dans la culture japonaise. La composition est volontairement asymétrique et épurée, renforçant la puissance graphique de la branche et l’équilibre de l’ensemble. Les fleurs principales sont réalisées en taka maki e (décor à la poudre d'or en relief). Les volumes sont obtenus par superpositions successives de laque avant application de poudre d’or, créant un relief délicat et particulièrement maîtrisé. Certaines fleurs sont incrustées de shirochogai (nacre blanche), dont les reflets irisés apportent des variations lumineuses très subtiles. Le tronc présente un remarquable décor de kirikane (incrustations métalliques découpées), composé de très petits carrés d’or appliqués individuellement. Ce travail extrêmement minutieux anime la surface du décor par des variations géométriques discrètes et crée des jeux de lumière subtils selon l’angle du regard. L’intérieur du suzuribako présente également un travail particulièrement raffiné. Les compartiments sont recouverts d’une laque kuro nashiji (fond noir poudré d’or), technique consistant à disperser de très fines particules métalliques dans la laque afin de produire une surface profonde et légèrement scintillante. Le suzuribako conserve encore son suzuri (pierre à encre) ainsi que son suiteki (réservoir à eau) en argent utilisé pour humidifier l’encre solide lors de la préparation de l’écriture, le tout en parfait état, l'intérieur et les outils n'ayant d'ailleurs probablement jamais été utilisés. Le style général de cette boîte est particulièrement représentatif d’une évolution esthétique importante du début de l’ère Taishō. Contrairement aux compositions très denses fréquemment rencontrées dans les laques plus anciennes, ce suzuribako privilégie ici l’espace, l’asymétrie et la retenue décorative. Cette simplification des formes et cette utilisation maîtrisée du vide donnent aujourd’hui à la pièce une modernité étonnante malgré son ancienneté. Forme et usage Le suzuribako est une boîte destinée à la pratique de la calligraphie japonaise. Il permettait de conserver les instruments nécessaires à l’écriture, notamment les pinceaux, l’encre solide, la pierre à encre et les accessoires liés à la préparation de l’encre. Dans les milieux aristocratiques et lettrés japonais, les suzuribako de haut niveau constituaient également des objets de prestige destinés à témoigner du raffinement culturel de leur propriétaire. Présentation Cette pièce est accompagnée de sa boîte de protection tomobako en bois d’origine portant le nom de l’œuvre ainsi qu’une inscription manuscrite détaillant le contexte historique de présentation de ce suzuribako au sein de la famille impériale japonaise. Le sanadahimo (cordelette tissée) accompagnant la boîte a été ajouté plus récemment. Lieu de fabrication Japon, préfecture d'Ishikawa Période 1916, ère Taishō (1912 - 1926) Dimensions Longueur 26 cm - Largeur 21 cm - Hauteur 5,5 cm Poids Suzuribako + tomobako : 1,7kg Matériaux Bois, laque urushi, poudre d’or, nacre Condition En très bon état malgré son âge. Petites griffures sur le couvercle, l'une des bordures et le fond extérieur visibles selon l'orientation de la lumière, mais qui restent discrètes. Ce suzuribako peut être présenté à Paris sur rendez-vous dans le cadre de son acquisition (contact@atelierikiwa.com).
Variants (1)
- Default Title — 1980.00 EUR — In stock
AI Readiness
Good foundation, but some important product data is still missing.