Guillaume d’Ockham, ou l’art de penser avec le strict nécessaire – Webinaire d’Aurélien Robert

Guillaume d’Ockham, ou l’art de penser avec le strict nécessaire – Webinaire d’Aurélien Robert

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Guillaume d’Ockham (mort en 1347) est resté célèbre pour le « rasoir d’Ockham », qui serait en quelque sorte sa devise « on ne doit pas multiplier les choses qui existent sans nécessité » ou « pourquoi faire avec plus ce que l’on peut faire avec moins ? ». Ce franciscain, qu’on appelait « le vénérable débutant », car il ne termina jamais ses diplômes universitaires, traduit son vœu de pauvreté en philosophie. Il s’agit pour lui de prendre les systèmes du passé, en particulier les métaphysiques, pour montrer que beaucoup de choses dont parlent les philosophes ne sont pas nécessaires. Le cas le plus célèbre sur lequel il s’est battu est la notion d’universel. Lorsque nous parlons de l’humanité, il n’est pas besoin selon Ockham de poser l’existence d’une humanité distincte des individus humains, même si le langage semble nous y inviter. C’est justement par une analyse fine du langage qu’il parvient à proposer une philosophie qui réduit tout au strict nécessaire. Ce faisant, il découvre une idée magnifique : il existerait un langage de l’esprit commun à tous les hommes, indépendant des langues que nous parlons. Quelles que soient les langues que nous parlons, nos pensées auraient la même structure. Cela ne signifie pas qu’il faille poser l’existence d’un esprit commun. Il suffit de penser à l’existence de signes naturels dans l’esprit de chacun, qui fonctionneraient un peu comme des mots. C’est ce qu’on appelle le « nominalisme ». Mais plus qu’une théorie des noms, c’est une théorie du signe. D’une certaine manière, pour Ockham, tout est potentiellement signe d’autre chose. C’est ce que nous analyserons dans ce cours.

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